2024-03-07 — 2024-12-13

À Aligarh, je trouve un peu de réconfort auprès d'amis au milieu du chaos de la ville. Après une série d'aventures shopping et diverses expériences culinaires, je mets le cap sur New Delhi, prêt à explorer davantage ce pays tout en acceptant (ou en essayant d'accepter) les étrangetés uniques de mon voyage.

Journal de voyage en Inde – Partie 3 : Une pause qui tombe à pic

J

e m’extirpe du lit tôt après une nuit d’enfer, une torpeur sans fin rythmée par les aboiements des chiens, le vacarme de la circulation, l’odeur de brûlé de la pollution et des flashs de souvenirs brumeux d’une terre lointaine (autrement dit, la maison).

Je passe deux jours chez M, ce qui m’aide à décompresser. Ne pas être seul permet de faire abstraction de la folie ambiante. Bien sûr, dehors, rien n’a changé, mais je peux en rire, parler de tout autre chose, partager mes pensées, être rassuré… Impossible d’atteindre cet état d’esprit seul, avec tout ce qui m’entoure me rappelant constamment les pensées que je cherchais justement à chasser.

Aligarh

Quel meilleur moyen de s’anesthésier l’esprit que d’aller… faire du shopping ? Eh oui, même si ça reste toute une aventure en soi. Évidemment, on ne va pas y aller à pied, personne ne fait ça ici, du moins s’ils en ont les moyens. Alors on prend la voiture, qui est plus lente que la marche sur le premier kilomètre. Camions colorés, voitures, mais surtout des rickshaws bondés et des motos qui slaloment autour de nous. Des charrettes pleines de marchandises tirées par des vaches ou des ânes, ou parfois des hommes. Ici, plus t’es gros, moins t’avances vite.

On a deux-trois trucs à faire, je vous épargne les détails. Sachez simplement qu’entrer dans un magasin donne souvent l’impression de basculer dans un univers parallèle ; on passe par exemple du chaos à un centre commercial calme, propre et sans âme, ou même à une boutique de robes de mariée où le temps semble s’écouler, étrangement, beaucoup plus lentement. Au moins, ils offrent le thé et des douceurs à ceux qui attendent.

Si vous avez lu mes précédents articles, vous pensez probablement que j’ai dressé un portrait peu reluisant de l’Inde – à juste titre, j’imagine. Mais je dois admettre qu’il y a quelque chose de très spécial dans ce pays, où l’on peut parfois trouver la beauté là où on s’y attend le moins.

Aujourd’hui, quand la nuit tombe, l’ambiance passe de dingue à dingue, mais avec un côté délicieusement cyberpunk (enfin, presque), comme vous pouvez, je l’espère, le constater sur ces photos.

Un dessert apparemment populaire en Inde est le sizzling brownie. Il est servi sur une plaque chauffante avec du chocolat fondu et une boule de glace vanille par-dessus. La plaque est si chaude que le chocolat grésille. Délicieux. Pense pas au sucre, chuttt.

L’heure du départ

Après deux jours ici, il est temps de partir. Je suis super reconnaissant à la famille de M de m’avoir accueilli au pied levé. Ils ont été accueillants, chaleureux et gentils, et c’était un plaisir de découvrir la vie de leur point de vue. Des rencontres comme celle-ci font partie des meilleures expériences de voyage.

Partir… mais pour où ? Avec A, nous allons à New Delhi pour retrouver certains de ses contacts et voyager pendant deux semaines. Pour cela, nous avons engagé un chauffeur qui sera avec nous pendant tout le trajet : VJ. C’est très courant ici quand on voyage en groupe, et plutôt bon marché.

Oui, ça fait assez bizarre d’avoir un serviteur disponible H24. Mais c’est normal ici, et ça fait partie des nombreuses choses auxquelles il faut s’habituer.

On dit au revoir et on prend la route. Aligarh n’est pas une très grande ville – selon les standards indiens – mais au milieu du trafic, il nous faut une heure pour en sortir. On passe peut-être quatre heures en voiture avant d’arriver à New Delhi. On doit récupérer les nouveaux arrivants à l’aéroport avant de rejoindre notre logement.

Première soirée à New Delhi

Nous logeons à l’Hotel Nature View Green Park, à cinq minutes à pied de Deer Park. C’est un quartier relativement calme et presque chic. Il fait déjà nuit quand nous arrivons à l’endroit indiqué sur Google Maps, mais l’hôtel est introuvable, on ne voit aucune enseigne.

C’est parce qu’il n’y a pas d’enseigne, et que l’hôtel ne ressemble pas à un hôtel : il ressemble à n’importe quel autre immeuble de la rue. Il n’a probablement jamais été conçu pour être un hôtel. L’entrée est une porte de garage, et la réception se trouve au premier étage, après un escalier gris. Comme d’habitude, le personnel prend nos passeports et recopie chaque détail dans un énorme registre.

Ma chambre est juste en face de la réception. Elle n’est pas très propre (il y a plein de poussière et d’emballages plastique sous le lit), mais je ne m’attendais pas à beaucoup mieux de toute façon.

On dîne au The Piano Man, un club de jazz du coin. Il y a un concert de bluegrass qui, avec le burger, me ferait presque oublier que je suis en Inde (même s’il n’y a pas de bœuf dans le burger).

On va découvrir quelques endroits à New Delhi dans les jours qui viennent. À la semaine prochaine pour la quatrième partie !