2024-07-13 — 2024-12-13
Trois semaines en Inde. J'explore les monuments célèbres d'Agra, dont le Taj Mahal (pas tout à fait ce à quoi je m'attendais), avant de mettre le cap sur Bharatpur via des ruines anciennes et des chemins de terre douteux.
ela fait 21 jours que je suis en Inde – trois semaines pile. Et… je commence peut-être à m’y faire ? Je ne suis pas sûr. Quand je suis avec d’autres personnes dans un endroit relativement calme, je me dis « c’est pas si terrible, finalement ! », mais dès que je replonge dans le chaos de la route… Et puis je vois des endroits magnifiques et je me dis que ça vaut vraiment le coup. Des sentiments contradictoires en permanence, comme vous voyez.
Avec tout ce que j’ai mangé hier, on pourrait penser (et je le pensais aussi) que je n’aurais pas besoin de petit-déjeuner – erreur ! Mon estomac est de nouveau d’attaque.
Pour la semaine à venir, et jusqu’à mon départ de l’Inde, on va voyager dans un van plus grand, qui peut accueillir une dizaine de personnes. Cette fois, M. vient aussi, avec Julien et Claire. On a également un nouveau chauffeur.
Une fois que tout le monde est prêt et que les bagages sont arrimés sur le toit du van (je suis bien content de n’avoir qu’un sac à dos, ça n’a pas l’air très sûr !), on reprend la route (encore). Je n’ai pas choisi la bonne place : celle devant moi n’arrête pas de s’incliner complètement, me laissant très peu d’espace.
Agra est à environ 90 km au sud d’Aligarh, ce qui représente un trajet de 3 à 4 heures. D’un côté, la route est relaxante parce qu’il ne se passe pas grand-chose (à part le petit désagrément d’avoir le siège de devant à 10 cm de mon visage). D’un autre côté, c’est aussi pendant ces moments, entre deux beaux endroits privés, que je me rappelle où je suis, et à quoi ça ressemble vraiment. Bon, je vais peut-être pas en rajouter une couche après tous ces articles !
Le plan, c’est d’aller voir le Taj Mahal demain matin. Aujourd’hui, on visite un autre endroit, le Fort d’Agra. Comme celui de Delhi, il est plutôt rouge ! C’est un lieu immense. Comme d’habitude, les abords de l’entrée sont très fréquentés, donc notre chauffeur nous dépose là et va se garer ailleurs. Il est déjà quatre heures et demie, et on a peu de temps pour visiter.
Construit au XVIe siècle, l’endroit est gigantesque1, et rempli de touristes – principalement des Indiens, mais aussi des étrangers. Je trouve ça assez beau et reposant. Il n’y a pas de circuit ou de visite guidée à suivre, donc notre groupe se disperse un peu, et je finis par y aller de mon côté, appréciant de passer de cour en cour et de pièce en pièce, en me perdant presque.
Certaines des zones les mieux préservées ne sont pas accessibles au public, mais on jette un œil pour voir l’intérieur.
Au bout d’un moment, un coup de sifflet retentit, signalant la fermeture imminente du monument. Je retrouve les autres sans trop de mal, malgré la taille de l’endroit.
Le soleil se couche, et tout le monde quitte les lieux lentement, ce qui veut dire que ça n’avance pas vite. Notre chauffeur nous récupère, et nous allons à nos hôtels / chambres d’hôtes respectifs. Le soir, on se retrouve dans un restaurant sur un toit à proximité. Il est déjà tard, et le serveur met tellement de temps à prendre notre commande (une demi-heure ?) que je rentre simplement dans ma chambre pour dormir en prévision de la visite matinale du lendemain.
On se retrouve à 8h le lendemain matin, en espérant arriver assez tôt pour qu’il n’y ait pas trop de monde au Taj. Le trajet n’est pas long.
L’entrée n’est pas directement accessible en voiture. On nous dépose au parking. De là, il y a quinze minutes de marche jusqu’à l’entrée réelle, pour laquelle il y a aussi une navette. On choisit d’y aller à pied, profitant du large trottoir dédié. Plus on approche, plus il y a de vendeurs (qui proposent par exemple des sur-chaussures en tissu pour entrer dans le Taj), et les dernières centaines de mètres sont bordées de nombreuses boutiques de souvenirs – ce qui me rappelle un peu le Mont-Saint-Michel. À noter qu’il y a deux billets : un pour accéder à l’extérieur, et un autre pour entrer à l’intérieur du Taj Mahal, ce qui peut être un peu déroutant au début.
Comme vous pouvez le voir, beaucoup de gens sont arrivés avant nous. Ce qui est un peu plus décevant, c’est le brouillard : le bâtiment blanc sur fond blanc, avec une lumière diffuse, n’est pas aussi impressionnant qu’il pourrait l’être par beau temps. Mais ça va, on n’a presque pas à attendre pour prendre un billet et entrer.
Je ne sais pas si c’est la météo, ou si j’inconsciemment j’avais des attentes élevées, mais j’ai trouvé l’expérience décevante. Tellement décevante que j’ai oublié de prendre la moindre photo de l’intérieur. Ça peut paraître un peu fou, mais voilà le truc : on ne peut pas juste traîner dedans. C’est un court parcours à sens unique, entre des barrières, dans une foule en serpentin, et quelques minutes plus tard, on est dehors. C’est certes magnifique à l’intérieur – des motifs complexes méticuleusement sculptés dans la pierre blanche – mais je m’attendais à de grands espaces ouverts, un peu comme une cathédrale. Mais ce sont plutôt des petites pièces, pas du tout ce à quoi ça ressemble de l’extérieur1.
La sortie se trouve à l’arrière du monument. De là, on peut voir la rivière Yamuna en contrebas. Des objets non identifiés y flottent paisiblement.
Des deux côtés du Taj, il y a des bâtiments plus petits. Mais globalement, il y a beaucoup moins à voir qu’au Fort d’Agra. Un dernier coup d’œil avant de rebrousser chemin.
Beaucoup moins célèbre et fréquenté, cet endroit contraste pas mal avec le Taj Mahal. D’accord, c’est beaucoup moins impressionnant, mais il y a autre chose. Je suis bien plus dans l’ambiance ici : c’est calme et charmant, même si le bâtiment lui-même n’est pas en super état.
L’intérieur n’est pas incroyablement bien préservé, mais j’ai l’impression de pouvoir y sentir l’histoire. C’est une expérience beaucoup plus intime d’être seul dans une de ces pièces, plutôt que dans l’espace bondé du Taj Mahal.
Et comme dans beaucoup d’endroits ici, il y a aussi des singes qui se baladent, faisant leur vie (et piquant peut-être parfois de la nourriture).
Sur la route de Bharatpur, il y a une ancienne cité, abandonnée il y a quatre cents ans. Elle fut fondée comme capitale de l’Empire moghol, et est aujourd’hui un site classé à l’UNESCO.
On n’entre pas à Fatehpur Sikri comme ça. D’abord, on va au grand parking qui se trouve à l’extérieur de la vieille ville, puis on prend un bus très vieux qui vous emmène sur le site, plus haut sur une colline.
L’endroit est assez sympa, bien qu’un peu vide. Et comme beaucoup de monuments en Inde, il n’y a aucune explication sur l’histoire, l’architecture ou quoi que ce soit.
On se contente de se balader dans le coin – c’est assez grand. Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à voir.
Il reste une dernière chose à voir : la mosquée. Elle ressemble à n’importe quelle autre mosquée en Inde, à l’exception d’un petit bâtiment en son centre : le Tombeau de Salim Chishti.
Dans tout le site, et particulièrement à la mosquée, il y a un peu trop de gens qui essaient de vendre des babioles ou d’arnaquer les touristes.
Il nous reste encore pas mal de route à faire pour arriver à Bharatpur, ou plutôt dans un petit village près de Bharatpur où nous allons passer deux nuits, réveillon du Nouvel An inclus. La route est longue et droite et la nuit tombe. Jusqu’à ce qu’on prenne un virage à droite, sur une route qui devient étrangement sinueuse et défoncée.
Quelque temps plus tard, on arrive dans un petit village. Petite confusion sur le bon chemin à prendre. On finit sur un chemin de terre pas éclairé. Au bout, notre hôtel ! Ce n’était pas le chemin le plus direct, mais on y est arrivés. Les gens du village nous dévisagent un peu.
L’endroit est une habitation traditionnelle convertie en hôtel, dont le personnel a l’air très fier. Ils nous font faire un petit tour de la propriété, puis nous montrent nos chambres.
Les chambres sont froides et le mobilier très sommaire. Il manque des lits, mais ils sont rapidement apportés. Bien que l’endroit ait du cachet, c’est quand même un peu décevant pour le prix (pour lequel on aurait eu quelque chose de plus confortable même en Europe).
Le restaurant de l’hôtel (qui est bien sûr la seule option qu’on ait pour dîner dans ce village) est au bord de la piscine. C’est bon. C’est de la cuisine indienne, comme partout quoi !
Voilà pour cette partie. À la prochaine !